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Le Béarn, au 14ème siècle, est un état indépendant. La France entre dans une période d'expansion démographique. Dès le 11ème siècle, on assiste à un remodelage du paysage rural. Le besoin de défendre le territoire et de faire face à cette augmentation de population se fait pressent, les bastides se développent. L’urbanisation de la plaine de Nay n’échappe pas à ce phénomène et va voir éclore 4 bastides entre 1302 et 1357 : Nay, Montaut, Lestelle Bétharram et Bruges.

Dans le Sud-Ouest, le terme de "Bastide" prend dès le 13ème siècle le sens de : "ville neuve, peuplement nouveau («nova bastida», «nova populatio»).

Une bastide est donc une ville nouvelle, caractéristique du Sud Ouest de la France au Moyen Age plus précisément entre les 13ème et 14ème siècles.

Elles sont construites selon des caractéristiques précises sur un plan régulier avec des rues parallèles et perpendiculaires ordonnées autour d’une place centrale.

La Bastide de NAY

La Bastide de Nay fut fondée en 1302 par Dame Marguerite, comtesse de Foix et vicomtesse de Béarn, sur un lieu qui comptait alors 13 feux seulement. Le bourg prospéra tout au long du siècle pour atteindre 102 feux en 1385. Les premières fortifications furent réalisées sous forme de palissades en bois, remplacées par un rempart en pierres au cour du 14e siècle, sur les instructions de Gaston Fébus, célèbre vicomte du Béarn.
Aujourd’hui, des traces de ces remparts d’une hauteur de 6,20 m et d’une épaisseur d’un mètre, subsistent derrière l’église Saint Vincent mais également dans les murs de certaines constructions actuelles. L’architecture des bastides prévoyait au centre de la place, les halles et la maison commune. L’église et le cimetière étaient excentrés.

 

 
La bastide MONTAUT

En 1308 par Marguerite de Béarn, épouse d’un comte de Foix et arrière
grand-mère de Gaston Fébus, sur une éminence de la rive gauche du gave de Pau à l’abri des crues. A sa création, elle comptait déjà deux hameaux : Lassun au Nord et Mourle au Sud. Le nom du village vient de «Mons Altus» qui signifie «Mont Haut». Afin de favoriser le peuplement de ces nouveaux villages, des avantages étaient octroyés aux volontaires désireux de s’y installer. C’est ainsi qu’à l’époque les nouveaux arrivants étaient dispensés des taxes les plus courantes telles que : cens, fiefs et dîmes pendant 6 ans.

 

 
La bastide de LESTELLE BÉTHARRAM

Bastide fondée en 1335 par Gaston II de Foix en Béarn, époux d’Eléonore de Comminges, tous deux parents de Gaston Fébus, sur un lieu de passage permettant de traverser le gave. Les tracés de cette bastide sont nettement marqués, tracés dits «au cordeau», les rues se coupant à angle droit. Deux rues principales sont orientées du Nord-Ouest au Sud-Ouest, s’élargissant au centre pour se terminer en fuseau un peu plus loin. Seul le
côté Est montre un élément défensif que constituait le haut remblai dominant le cour du gave. Comme dans les autres bastides, de nombreux
privilèges furent accordés aux nouveaux habitants et vite le village fut administré par quatre jurats. En 1385 on y comptait 32 feux.

 
 

La bastide de BRUGES

Fondée en 1357 par Bertrand de Puyols (lieutenant du Béarn de Gaston Fébus). La réalisation de la bastide de Bruges répond à la volonté de défendre le chemin vicomtal qui venait de la Bigorre pour continuer vers la vallée d’Ossau et Saint Jacques de Compostelle. A l’origine, elle devait être entourée de remparts, cependant aucune fortification n’a jamais été réalisée. L’original de la charte de fondation de cette bastide a brûlé à Oloron où il avait été mis en sécurité. Il comprenait 32 articles recueillant les privilèges accordés aux habitants par le seigneur Gaston Fébus. La place centrale et autour les passages couverts sur lesquels s’installaient les marchands subsistent aujourd’hui, tout comme l’église et le cimetièredans un angle de l’enceinte.